Méthodologie du Cockpit Tactique Multi-Actifs

Ridge Finance — Allocation Tactique Macro
Version 3.0 Révision Mai 2026 Auteur Ridge Finance

Table des matières

  1. Philosophie de l'allocation tactique
  2. Architecture globale — les 4 piliers
  3. Univers d'actifs & tickers Yahoo Finance
  4. Pilier 1 · Régime Macro
    1. Axe Croissance — PMI composite
    2. Axe Inflation — CPI
    3. Axe Politique monétaire
    4. Les 8 cadrans · Matrice d'impact
    5. Corrélation Actions / Obligations
  5. Pilier 2 · Valorisation
    1. Actions — CAPE · ERP · Dividend Yield
    2. Crédit — Spreads OAS
    3. Taux réels — TIPS 10Y
  6. Pilier 3 · Sentiment (Risk-On / Risk-Off)
    1. Modèle à 3 familles — 9 indicateurs
    2. Famille 1 · Volatilité — VIX, VIX9D, MOVE
    3. Famille 2 · Crédit & Liquidité — HY OAS, IG OAS, NFCI
    4. Famille 3 · Signaux croisés — Cu/Or, Or/Ag, USD/JPY
    5. Zonation & interprétation · News & Retail
  7. Pilier 4 · Momentum
    1. Score brut · Skip-1m · Pondération 60/40
    2. Ajustement à la volatilité
    3. Classement (quartiles) · Cohérence · Cross-actifs
    4. Moteur de rupture momentum
  8. Glossaire
  9. Limites & avertissement légal
  10. Références & sources de données

Philosophie de l'allocation tactique

Pourquoi allouer tactiquement ?

L'allocation stratégique — un portefeuille 60/40 rééquilibré périodiquement — repose sur une hypothèse forte : les rendements futurs des classes d'actifs sont suffisamment stables dans le temps pour qu'une pondération fixe reste optimale à travers les cycles. Cette hypothèse est démentie par des décennies de recherche empirique. Les rendements attendus varient considérablement selon la phase du cycle économique, le niveau de valorisation, et l'état des conditions financières.

Fama & French (1989) ont montré que les rendements actions et obligations sont prévisibles à horizon intermédiaire à partir de variables économiques observables. Campbell & Shiller (1988) ont démontré que le ratio cours/bénéfices ajusté du cycle prédit les rendements sur 10 ans avec une puissance statistique robuste. Ilmanen (2011) synthétise plusieurs décennies de recherche en montrant que les primes de risque — actions, obligations, crédit, alternatives — fluctuent de façon systématique et partiellement prévisible.

L'allocation tactique ne prétend pas prédire les marchés au sens strict. Elle cherche à adapter dynamiquement l'exposition au risque selon l'état observable de l'environnement macroéconomique et financier. C'est une réponse rationnelle à des primes de risque variables dans le temps.

Le problème du modèle unique

La tentation naturelle est de construire un modèle unique, optimal, qui intègre toutes les dimensions du marché dans un score agrégé. Cette approche présente trois défauts majeurs :

Le cockpit Ridge Finance adopte une philosophie différente : quatre piliers indépendants, chacun expert de sa dimension, dont les signaux sont lus en parallèle et non moyennés. Lorsque les quatre piliers convergent, la conviction est maximale. Lorsqu'ils divergent, c'est le signal lui-même d'une situation de marché incertaine qui appelle à la prudence.

L'humilité épistémologique comme principe de conception

Tout modèle d'allocation est une simplification du monde. Il convient d'en connaître les limites structurelles avant même de l'utiliser :

Principe fondateur. Ce cockpit est conçu pour structurer la réflexion d'un allocataire, pas pour la remplacer. Il fournit un cadre cohérent, documenté et reproductible pour organiser l'information macro-financière — la décision finale appartient à l'investisseur et doit tenir compte de contraintes que l'outil ne connaît pas : horizon, liquidité, fiscalité, contexte réglementaire.

Architecture globale — les 4 piliers

Le cockpit repose sur 4 piliers indépendants, chacun analysant une dimension différente des marchés financiers à un horizon temporel distinct. Cette architecture multi-piliers s'inspire des travaux d'Ilmanen (2011) sur la décomposition des rendements attendus, et de l'approche "all-weather" popularisée par Dalio & Bridgewater — l'idée que différentes classes d'actifs réagissent différemment selon le quadrant Croissance/Inflation dans lequel se trouve l'économie.

L'absence de moyenne pondérée unique entre piliers est intentionnelle et fondamentale : chaque pilier peut contredire les autres, et c'est précisément cette tension qui informe la conviction de l'allocataire. Un macro favorable, une valorisation excessive, un sentiment Risk-On et un momentum positif donnent des lectures différentes du même marché — et leur interprétation conjointe est plus riche que leur agrégation.

PilierDimensionHorizonNature du signalSignal principal
1 · MacroCycle économique3–12 moisFondamental structurelCadran parmi 8 régimes · matrice OW/UW par actif
2 · ValorisationCherté relative12–36 moisContrarian lentScore composite actions · crédit · taux réels
3 · SentimentAppétit pour le risque1–4 semainesFiltre tactique court termeScore Risk-On / Risk-Off composite
4 · MomentumForce des tendances de prix1–6 moisTechnique purClassement ajusté à la volatilité par actif

Logique de combinaison

Les quatre piliers ne sont pas agrégés mécaniquement. Le cockpit calcule un score composite indicatif à titre de résumé numérique, mais la lecture analytique s'effectue pilier par pilier. Les règles d'interprétation implicites sont les suivantes :

Indicatif uniquement. Ce cockpit est un outil d'aide à la décision — il ne constitue pas un conseil en investissement. Les signaux reflètent l'état des données au moment de l'actualisation et peuvent être invalidés rapidement par des événements exogènes.

Univers d'actifs & tickers Yahoo Finance

L'ensemble des données de prix utilisées dans le cockpit provient de Yahoo Finance (API /v8/finance/chart/), via des prix de clôture ajustés des dividendes. Le tableau ci-dessous liste l'intégralité des instruments utilisés, par pilier et par usage.

Pilier Momentum — univers de classement

TickerInstrumentExpositionClasse
^GSPCS&P 500 Index500 grandes capitalisations USActions US
^STOXXSTOXX Europe 600 Index600 sociétés européennesActions Europe
^SSMISwiss Market Index20 blue chips suissesActions Suisse
^N225Nikkei 225 Index225 sociétés japonaisesActions Japon
EEMiShares MSCI Emerging Markets ETFMSCI EM — 26 pays émergentsActions EM
URTHiShares MSCI World ETFMSCI World — ~1 600 sociétés DMActions Monde
IWMiShares Russell 2000 ETFSmall caps US (2 000 sociétés)Small Caps US
XLYConsumer Discretionary Select Sector SPDR ETFS&P 500 — Consommation discrétionnaireCycliques US
XLPConsumer Staples Select Sector SPDR ETFS&P 500 — Biens de consommation couranteDéfensives US
TLTiShares 20+ Year Treasury Bond ETFBons du Trésor US ≥ 20 ansGovies Long
HYGiShares iBoxx $ High Yield Corporate Bond ETFObligations HY USD (BB et en dessous)High Yield
TIPiShares TIPS Bond ETFObligations US indexées inflationTIPS
VNQVanguard Real Estate ETFREITs US — immobilier cotéImmobilier coté
DJPiPath Bloomberg Commodity Index Total Return ETNPanier diversifié commoditiesCommodities
GC=FGold Futures (COMEX)Or spot via futuresOr
CL=FWTI Crude Oil FuturesPétrole brut WTIPétrole
BTC-USDBitcoin / USDBitcoinCrypto
Exclusions du classement Momentum : IG Corporate et EM Debt (pas de proxy ETF Yahoo Finance cohérent dans la configuration actuelle). Private Equity (illiquide, pas de prix quotidien). Ces actifs restent présents dans la matrice d'impact Macro mais ne reçoivent pas de score Momentum.

Pilier Sentiment — indicateurs de stress

TickerInstrumentUsageFamille
^VIXCBOE Volatility IndexVIX spot — percentile 2Y dailyVolatilité (50%)
^VIX9DCBOE 9-Day Volatility IndexVIX 9j — percentile 1Y dailyVolatilité (25%)
^MOVEICE BofAML MOVE IndexVol. obligataire US — percentile 2Y dailyVolatilité (25%)
HG=FCopper Futures (COMEX)Ratio Cuivre/Or — range [0,9; 2,7]×10³Croisés (33%)
SI=FSilver Futures (COMEX)Ratio Or/Argent — range [50; 125]Croisés (33%)
USDJPY=XUSD/JPY FX RateCarry trade — percentile 5Y dailyCroisés (33%)

Autres usages (Macro · Valorisation · Corrélation · Retail)

TickerInstrumentUsage
SPYSPDR S&P 500 ETF TrustCorrélation Actions/Obligations (60 jours) + sentiment retail StockTwits
TLTiShares 20+ Year Treasury Bond ETFCorrélation Actions/Obligations (60 jours) + sentiment retail StockTwits
QQQInvesco QQQ Trust (NASDAQ-100)Sentiment retail StockTwits
GLDSPDR Gold Shares ETFSentiment retail StockTwits
^TNXUS 10Y Treasury YieldTaux de référence (contexte Macro/Valorisation)
^FVXUS 5Y Treasury YieldTaux de référence
^IRXUS 3-Month T-Bill YieldTaux court terme
EURCHF=XEUR/CHF FXChange EUR/CHF
USDCHF=XUSD/CHF FXChange USD/CHF

Pilier 1 Régime Macro

Fondements théoriques

Le cadre des régimes macroéconomiques repose sur une observation fondamentale de la finance empirique : les rendements des classes d'actifs ne sont pas stochastiquement stationnaires — ils dépendent de l'état de l'économie. Burns & Mitchell (1946) au NBER ont documenté pour la première fois la nature cyclique et régulière des économies industrielles. Hamilton (1989) a formalisé cette intuition en économétrie avec son modèle à changements de régime markoviens, montrant que l'économie bascule entre états distincts non observables mais inférables.

Fama & French (1989) ont démontré que les rendements attendus des actions et obligations varient systématiquement selon les conditions économiques — les spreads de crédit et les dividendes anticipent les expansions et récessions. Ang & Bekaert (2002) ont confirmé que les rendements des actifs risqués sont significativement plus bas et plus volatils en périodes de stress économique qu'en périodes d'expansion — justifiant économiquement une allocation dynamique selon le régime.

Le pilier Macro de Ridge Finance implémente cette logique en croisant 3 axes composites (Croissance × Inflation × Politique monétaire) pour identifier l'un des 8 cadrans possibles, chacun associé à une matrice d'impact historiquement calibrée sur les classes d'actifs.

Structure du score par axe

Chaque axe combine deux informations complémentaires : le niveau absolu (où se situe l'indicateur par rapport à sa norme historique) et la direction récente (est-il en train de s'améliorer ou de se détériorer ?). Cette combinaison est essentielle car les marchés réagissent aux deux dimensions — un PMI à 49 en amélioration est différent d'un PMI à 49 en dégradation.

Structure du score par axe :
Score_axe = 0,60 × z-score(indicateur, μ, σ) + 0,40 × signe(Δ indicateur)

Le z-score (60 %) capte le niveau absolu par rapport à la norme historique (en unités d'écart-type). Le signe de Δ (40 %) capte la direction de la dernière publication. Score ∈ [−2, +2]. Seuil de basculement régime : ±0,3. En dessous de ce seuil, le signal est considéré "borderline" et la conviction est faible.

La pondération 60/40 entre niveau et direction est calibrée empiriquement. Elle donne plus de poids au niveau absolu — un CPI à 6 % est inflationniste indépendamment de sa direction — tout en intégrant la dynamique récente qui est souvent capturée plus rapidement par les marchés.

Axe 1 · Croissance — PMI composite

Pourquoi le PMI ?

Le PMI (Purchasing Managers' Index) est l'un des indicateurs avancés les plus suivis par les économistes et les allocataires institutionnels. Contrairement au PIB — publié avec un retard de plusieurs semaines et révisé plusieurs fois — le PMI est disponible dans les premiers jours du mois suivant, ce qui en fait un signal quasi-contemporain de l'activité économique. Koenig (2002, FRB Dallas) a documenté sa capacité à anticiper les retournements économiques avec 1 à 2 trimestres d'avance.

Le PMI est une enquête mensuelle auprès des directeurs des achats d'entreprises (manufacturing et services) portant sur : nouvelles commandes, production, emploi, délais de livraison, stocks. Un score > 50 indique une expansion de l'activité, < 50 une contraction. La frontière 50 est la référence universelle de cycle.

Pourquoi un PMI composite mondial ? L'économie mondiale est interdépendante. La demande chinoise affecte les commodities australiennes, les marges des entreprises européennes et le bénéfice des multinationales américaines. Un PMI purement américain manquerait ces effets de second tour. Ridge Finance construit un composite pondéré par la part de chaque zone dans le PIB mondial (FMI, 2024) :

ZoneSource PMISérie / AccèsFréquencePoidsμ (z-score)
États-UnisISM Manufacturing + S&P GlobalFRED MANEMP · ISM.com · Anthropic Claude1er jour ouvré du mois40 %50 · σ = 3
Zone EuroS&P Global / Markitspglobal.com · Anthropic Claude~J+3 du mois25 %50 · σ = 3
ChineCaixin PMI (privé)caixin.com · Anthropic Claude~J+1 du mois20 %50 · σ = 3
JaponJibun Bank PMIau.jibunbank.co.jp · Anthropic Claude~J+3 du mois10 %50 · σ = 3
Reste du mondeProxy agrégé (JP Morgan Global PMI)Anthropic Claude~J+5 du mois5 %50 · σ = 3
PMI composite pondéré :
PMI_comp = 0,40×PMI_US + 0,25×PMI_EU + 0,20×PMI_CN + 0,10×PMI_JP + 0,05×PMI_GL
Score Croissance :
G = 0,60 × z-score(PMI_comp, 50, 3) + 0,40 × signe(ΔPMI)

G ≥ +0,3 → G↑ (expansion) · G ≤ −0,3 → G↓ (contraction) · Entre : borderline. Δ = variation de PMI_comp entre les deux dernières publications, synthétisée par Anthropic Claude.

Accès aux données : les valeurs PMI sont lues par Anthropic Claude directement depuis les publications officielles des instituts (ISM, S&P Global, Caixin, Jibun Bank). Cette approche permet d'intégrer les données dans les heures suivant la publication, sans délai FRED. En contrepartie, un décalage de quelques jours est possible et les valeurs doivent être vérifiées sur les sources primaires pour toute décision d'allocation importante.

Axe 2 · Inflation — CPI US

Pourquoi l'inflation est structurante pour l'allocation

L'inflation n'est pas qu'un phénomène économique — c'est un mécanisme de redistribution des rendements réels entre classes d'actifs. Les obligations nominales long terme sont la classe d'actifs la plus pénalisée par une inflation surprise : leur flux de coupons futurs est actualisé à un taux plus élevé et leur valeur réelle est érodée. A contrario, les actifs réels (commodities, TIPS, immobilier coté, or) bénéficient des environnements inflationnistes car ils préservent le pouvoir d'achat.

Ang, Bekaert & Wei (2007) ont montré que l'inflation affecte différemment actions et obligations selon qu'elle est anticipée ou surprenante — l'inflation surprenante est systématiquement négative pour les actions à court terme. Stock & Watson (1999) ont documenté que le CPI US est l'indicateur d'inflation le plus suivi par les marchés obligataires mondiaux, ce qui en fait la référence naturelle pour un modèle à dominante US.

VariableSourceSérie FREDFréquence publicationParamètres z-score
CPI US YoY (%)Bureau of Labor Statistics (BLS)CPIAUCSL~J+12 du mois suivantμ = 2,5 % · σ = 1,5 %
I = 0,60 × z-score(CPI_US, 2,5, 1,5) + 0,40 × signe(ΔCPI)

μ = 2,5 % correspond à la cible implicite de la Fed sur le long terme. σ = 1,5 % reflète la volatilité historique du CPI américain depuis 1990. I ≥ +0,3 → I↑ (inflationniste) · I ≤ −0,3 → I↓ (désinflation). Δ = variation entre les deux dernières publications disponibles sur FRED.

Accès aux données : FRED publie la série CPIAUCSL (Consumer Price Index for All Urban Consumers) avec un décalage d'environ 12 jours calendaires après la fin du mois de référence. La valeur YoY est calculée automatiquement : CPI_t / CPI_{t-12} − 1. Les révisions sont rares et mineures pour le CPI headline — contrairement aux PMI qui ne sont pas révisés.

Axe 3 · Politique monétaire

Pourquoi la politique monétaire est un axe distinct

Deux économies peuvent présenter le même profil Croissance/Inflation mais avec des politiques monétaires radicalement différentes. En 2023, la zone euro et les États-Unis affichaient tous deux une désinflation progressive dans un contexte de croissance modérée — mais le niveau absolu des taux réels différait significativement selon les banques centrales, avec des implications très différentes pour les valorisations d'actifs. La politique monétaire est le taux d'actualisation de tous les actifs financiers — son niveau détermine la compétition entre actifs risqués et actifs sans risque.

Taylor (1993) a formalisé la règle de réaction des banques centrales : le taux directeur nominal réagit à l'écart d'inflation par rapport à la cible et à l'écart de production. Bernanke & Kuttner (2005) ont documenté que les surprises de politique monétaire expliquent une fraction significative des mouvements boursiers à court terme. Dans le cadre du cockpit, la politique monétaire est capturée par le taux réel — le taux directeur nominal diminué de l'inflation — qui mesure la contrainte effective sur l'économie indépendamment du niveau d'inflation.

VariableSourceSérie FREDFréquenceRôle
Fed Funds Rate effectifFederal ReserveDFFQuotidienTaux directeur nominal courant
CPI US YoYBLS via FREDCPIAUCSLMensuelDéflateur pour calcul du taux réel approché
TIPS 10Y réelFederal ReserveDFII10QuotidienTaux réel de marché (cross-check)
Taux réel approché (règle de Fisher) :
Taux_réel = Fed_Funds_Rate − CPI_US_YoY
Score Politique :
P = 0,60 × z-score(Taux_réel, 0,5, 1,5) + 0,40 × signe(ΔFed_Funds)

μ = 0,5 % correspond au taux réel neutre historique estimé (r*) pour l'économie américaine. σ = 1,5 %. P ≤ −0,3 → Politique accommodante (🟢) : taux réel bas, conditions favorables aux actifs risqués. P ≥ +0,3 → Politique restrictive (🔴) : taux réel élevé, concurrence des actifs sans risque. Le signe de ΔFed_Funds capte la direction du dernier mouvement de la Fed (hausse, baisse, ou statu quo).

Note sur le TIPS 10Y : le rendement du TIPS 10 ans (DFII10) est le taux réel de marché — il reflète la valorisation que le marché obligataire attribue au taux réel futur sur 10 ans. Il est utilisé comme cross-check du taux réel approché par différence Fisher, et comme variable centrale du pilier Valorisation pour l'ERP et l'impact sur les actifs réels.

Les 8 cadrans · Matrice d'impact

Le triplet (G, I, P) détermine le cadran actif parmi 8 possibles. La conviction du régime (0–100 %) mesure la distance moyenne des 3 axes à leur seuil de basculement ±0,3 : une conviction de 0 % signifie que les trois axes sont exactement sur leur frontière et qu'une seule publication peut changer de régime ; 100 % signifie que les trois axes sont à leur signal maximal.

Chaque cadran est associé à une matrice d'impact : un vecteur de scores par classe d'actif (de −1 à +1) calibré sur les rendements historiques observés durant les périodes où l'économie se trouvait dans ce régime (données 1990–2024). Ces scores ne sont pas des rendements attendus absolus — ils représentent des inclinaisons relatives (OW/Neutre/UW) par rapport à un portefeuille diversifié neutre.

G↑ · I↓ · 🟢 Accommodante
Goldilocks
Le régime idéal : croissance forte, inflation basse, politique souple. Favorise : Actions toutes zones, HY, EM. Évite : Cash, Govies. Périodes historiques : 2003–07, 2013–15, 2017. Durée médiane : 18 mois.
G↑ · I↓ · 🔴 Restrictive
Atterrissage doux
Croissance qui tient malgré des taux élevés. Favorise : Actions US qualité, IG, Govies duration intermédiaire. Évite : Commodities, EM. Exemple récent : 2023–24. Signal ambivalent pour les actions growth.
G↑ · I↑ · 🟢 Accommodante
Reflation
Reprise économique avec retour de l'inflation, banque centrale encore en retard. Favorise : Commodities, TIPS, EM, Cycliques. Évite : Govies long terme. Exemples : 2009–11, 2020–21. Phase post-récession classique.
G↑ · I↑ · 🔴 Restrictive
Surchauffe
Économie en surchauffe, inflation persistante, banque centrale en mode resserrement actif. Favorise : Cash, TIPS, Or, Défensives. Évite : Actions growth, HY, EM, duration longue. Exemple : fin 2021–2022.
G↓ · I↓ · 🟢 Accommodante
Stimulus
Ralentissement avec banque centrale en soutien actif (baisses de taux, QE). Favorise : Govies, Or, Immobilier coté, Actions taux-sensibles. Évite : Commodities. Exemples : 2019, 2020 pivot. Phase de rebond possible.
G↓ · I↓ · 🔴 Restrictive
Récession ⚠
Régime transitoire : la banque centrale est en retard sur le cycle, n'a pas encore baissé ses taux. Signaux très atténués. Durée historique médiane : < 2 mois. Favorise : Govies, Or, Cash. Évite : Actions, HY, EM. Risque de choc systémique élevé.
G↓ · I↑ · 🟢 Accommodante
Stagflation légère
Contexte difficile : croissance faible et inflation persistante. La banque centrale est coincée. Favorise : Or, TIPS, Commodities réels. Évite : Actions, Govies nominaux. Exemples historiques : 1975–76, 2011–12.
G↓ · I↑ · 🔴 Restrictive
Stagflation sévère
Le pire régime pour les actifs risqués. Banque centrale forcée de resserrer dans un ralentissement. Favorise : Cash, Or, TIPS courts. Évite : Actions, HY, EM, duration longue. Exemples : 1973–74, 1980–81. Rare mais destructeur.

Matrice d'impact : chaque cadran est associé à un vecteur de scores par actif (−1 à +1). Seuil OW = >+0,3 · UW = <−0,3. Environ 6 OW, 5 neutres, 5 UW par cadran. Exclusions : Private Equity (illiquide, pas de prix quotidien, horizon incompatible avec l'allocation tactique). Crypto : signal macro = 0 dans tous les cadrans — l'actif crypto ne suit pas la logique macro traditionnelle ; il est géré uniquement par les piliers Sentiment et Momentum.

Corrélation Actions / Obligations

La corrélation entre actions et obligations est l'un des paramètres les plus importants pour la gestion d'un portefeuille diversifié. Le célèbre portefeuille 60/40 (60 % actions, 40 % obligations) repose entièrement sur l'hypothèse que cette corrélation est négative — c'est-à-dire que les obligations montent quand les actions baissent, assurant une diversification naturelle. Or cette hypothèse n'est pas universellement vérifiée.

Ilmanen (2003) et d'autres ont documenté que la corrélation actions/obligations est régime-dépendante : elle tend à être négative en environnement de faible inflation (peur déflationniste dominante → fuite vers les obligations) et positive en environnement inflationniste (hausse des taux → baisse simultanée des deux classes). C'est précisément ce qui s'est produit en 2022, lorsque la corrélation a viré fortement positive et que le portefeuille 60/40 a perdu plus de 15 % — sa pire performance depuis des décennies.

Le cockpit calcule une corrélation de Pearson glissante sur 60 jours ouvrés entre les retours logarithmiques quotidiens de SPY (S&P 500 ETF) et TLT (20+ Year Treasury ETF). Ces ETF sont utilisés comme proxies liquides et accessibles via Yahoo Finance :

ρ₆₀ = Σ[(r_SPY − μ_SPY)(r_TLT − μ_TLT)] / √[Σ(r_SPY−μ)² × Σ(r_TLT−μ)²]

r = rendement log quotidien. Fenêtre glissante = 60 jours ouvrés (~3 mois calendaires). Source : Yahoo Finance (prix de clôture ajustés des dividendes pour SPY et TLT).

Valeur ρRégime de corrélationImplication pour l'allocation
ρ > +0,25Corrélation positive — régime inflationnisteDiversification 60/40 compromise. Actions et obligations chutent ensemble lors des épisodes de stress. Envisager or, cash, alternatifs décorrélés comme amortisseurs.
−0,25 ≤ ρ ≤ +0,25Neutre / TransitionRégime de diversification ambigu. Signal de transition possible entre régime déflationniste et inflationniste. Prudence sur la duration obligataire.
ρ < −0,25Corrélation négative — régime déflationnisteDiversification opérationnelle pleinement fonctionnelle. Les obligations constituent une couverture naturelle contre les corrections actions. Le 60/40 est efficace.

Sources : FRED (DFII10, DFF, CPIAUCSL) · ISM / S&P Global PMI · Caixin PMI · Jibun Bank PMI · Yahoo Finance (SPY, TLT) · Anthropic Claude (synthèse qualitative, valeurs PMI et Δ)

ZoneSource PMIPoidsParamètres z-score
États-UnisISM / S&P Global FRED40 %μ = 50, σ = 3
Zone EuroS&P Global Markit25 %μ = 50, σ = 3
ChineCaixin PMI20 %μ = 50, σ = 3
JaponJibun Bank PMI10 %μ = 50, σ = 3
Reste du mondeProxy agrégé5 %μ = 50, σ = 3
PMI composite pondéré :
PMI_comp = 0,40×PMI_US + 0,25×PMI_EU + 0,20×PMI_CN + 0,10×PMI_JP + 0,05×PMI_GL
Score Croissance :
G = 0,60 × z-score(PMI_comp, 50, 3) + 0,40 × signe(ΔPMI)

G ≥ 0 → G↑ (expansion) · G < 0 → G↓ (contraction). Δ = publication T − T-1 via Anthropic Claude.

Axe 2 · Inflation — CPI US

VariableSourceParamètres
CPI US YoY (%)BLS via FRED CPIAUCSLμ = 2,5 % · σ = 1,5 %
I = 0,60 × z-score(CPI_US, 2,5, 1,5) + 0,40 × signe(ΔCPI)

μ = cible implicite Fed long terme. I ≥ 0 → I↑ · I < 0 → I↓. Δ = variation entre deux dernières publications FRED.

Axe 3 · Politique monétaire

VariableSourceRôle
Fed Funds Rate effectifFRED DFFTaux directeur nominal
TIPS 10Y réelFRED DFII10Niveau du taux réel
CPI US YoYFRED CPIAUCSLPour calculer le taux réel approché
Taux réel approché :
Taux_réel = Fed_Funds_Rate − CPI_US
Score Politique :
P = 0,60 × z-score(Taux_réel, 0,5, 1,5) + 0,40 × signe(ΔFed_Funds)

P < 0 → Politique accommodante (🟢) · P ≥ 0 → Politique restrictive (🔴).

Les 8 cadrans · Matrice d'impact

Le triplet (G, I, P) détermine le cadran actif. La conviction (0–100 %) = distance moyenne des 3 axes à leur seuil ±0,3 : 0 % = borderline, 100 % = signal maximal.

G↑ · I↓ · 🟢
Goldilocks
Favorise : Actions, HY, EM. Évite : Cash, Govies. Périodes : 2003–07, 2013–15, 2017.
G↑ · I↓ · 🔴
Atterrissage doux
Favorise : Actions US, IG, Govies. Évite : Commodities. Exemple : 2023–24.
G↑ · I↑ · 🟢
Reflation
Favorise : Commodities, TIPS, EM. Évite : Govies. Exemples : 2009–11, 2020–21.
G↑ · I↑ · 🔴
Surchauffe
Favorise : Cash, TIPS, Or. Évite : Actions, HY. Exemple : fin 2021–2022.
G↓ · I↓ · 🟢
Stimulus
Favorise : Govies, Or, Actions. Évite : Commodities. Exemples : 2019, 2020 pivot.
G↓ · I↓ · 🔴
Récession ⚠
Transitoire — banque centrale en retard. Favorise : Govies, Or, Cash. Évite : Actions, HY, EM.
G↓ · I↑ · 🟢
Stagflation légère
Favorise : Or, TIPS, Commodities. Évite : Actions, Govies. Ex : 1975–76.
G↓ · I↑ · 🔴
Stagflation sévère
Favorise : Cash, Or, TIPS. Évite : Actions, HY, EM. Ex : 1973–74, 1980–81.

Matrice d'impact : chaque cadran est associé à un vecteur de scores par actif (−1 à +1). Seuil OW = >+0,3 · UW = <−0,3. Environ 6 OW, 5 neutres, 5 UW par cadran. Exclusions : Private Equity (illiquide). Crypto = score macro = 0 dans tous les cadrans (géré par Sentiment et Momentum uniquement).

Corrélation Actions / Obligations

Corrélation de Pearson glissante sur 60 jours ouvrés entre les retours logarithmiques quotidiens de SPY (S&P 500 ETF) et TLT (20+ Year Treasury ETF). Source : Yahoo Finance.

ρ₆₀ = Σ[(r_SPY − μ_SPY)(r_TLT − μ_TLT)] / √[Σ(r_SPY−μ)² × Σ(r_TLT−μ)²]
Valeur ρRégimeImplication
ρ > +0,25Corrélation positiveDiversification 60/40 compromise. Actions et obligations baissent ensemble. Considérer or, cash, alternatifs.
−0,25 ≤ ρ ≤ +0,25Neutre / TransitionRégime ambigu. Possible transition inflationniste.
ρ < −0,25Corrélation négativeDiversification opérationnelle. Obligations compensent les baisses actions.

Sources : FRED (DFII10, DFF, CPIAUCSL) · ISM/S&P Global PMI · Caixin · Jibun Bank · Anthropic Claude (synthèse qualitative et Δ PMI/CPI)

Pilier 2 Valorisation

Fondements théoriques

La valorisation est un signal contrarian lent : une cherté extrême anticipe de mauvais rendements futurs à horizon de 5 à 15 ans, même si le momentum court terme reste positif et que le cycle économique est favorable. C'est l'un des phénomènes les mieux documentés en finance empirique.

Campbell & Shiller (1988) ont démontré que le ratio cours/bénéfices du S&P 500, et a fortiori sa version ajustée du cycle (CAPE), prédit les rendements actions sur 10 ans avec un R² de l'ordre de 30–40 %. Cette capacité prédictive — bien que loin d'être parfaite — est robuste hors-échantillon, confirme l'existence d'une mean-reversion dans les valorisations, et invalide l'hypothèse d'efficience des marchés dans sa forme forte. Fama & French (1988) ont documenté le même phénomène via le ratio dividende/cours.

Graham & Dodd (1934) — les pères fondateurs de l'analyse financière — avaient posé la prémisse intellectuelle : les marchés fluctuent autour d'une valeur intrinsèque à laquelle ils reviennent à long terme. Ce "retour à la moyenne" est le fondement de toute approche de valorisation en allocation d'actifs.

Pourquoi la valorisation seule est insuffisante : un marché cher peut le rester pendant plusieurs années — parfois décennies. Keynes l'a formulé avec acidité : "les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable." C'est précisément pourquoi la valorisation est combinée au macro, au sentiment et au momentum dans le cockpit : elle définit le contexte de risque à long terme, mais ne constitue pas un signal d'entrée/sortie autonome.

Score composite Valorisation :
Score_valo = 0,40 × Score_actions + 0,35 × Score_crédit + 0,25 × Score_taux_réels

Pondération : les actions représentent la classe d'actifs la plus sensible à la valorisation et le poids le plus important dans les portefeuilles institutionnels. Le crédit est un signal complémentaire et partiellement indépendant. Les taux réels constituent le cadre d'actualisation de tous les autres actifs.

Actions — CAPE · ERP · Dividend Yield

IndicateurSourceSérie / AccèsMéthodeSignal positif (valorisation attractive)
CAPE ShillerRobert Shiller / YaleFRED MULTPL/SHILLER_PE_RATIO_MONTHPercentile 30 ansPercentile < 30 % → valorisation faible historiquement
ERP (Equity Risk Premium)Calculé (FRED)SP500 + DFII10Earning Yield − TIPS 10YERP > 3,5 % → prime suffisante vs. obligations réelles
Dividend Yield S&P 500FRED / Anthropic ClaudeDSPUSRETYLDQ ou estimationPercentile 5 ansDY élevé vs. distribution historique récente

CAPE Shiller — le ratio le plus robuste pour l'horizon long

Le CAPE (Cyclically Adjusted Price-to-Earnings, ou "ratio Shiller") est le ratio cours/bénéfices des entreprises du S&P 500, calculé sur une moyenne de 10 ans de bénéfices ajustée de l'inflation. Cette fenêtre de 10 ans lisse les effets du cycle économique sur les bénéfices — un pic de bénéfices en fin de cycle n'abaisse pas artificiellement le ratio comme le ferait un P/E simple basé sur les bénéfices TTM (trailing twelve months).

Développé par Robert Shiller (Prix Nobel d'Économie 2013) et popularisé dans son ouvrage Irrational Exuberance (2000), le CAPE a historiquement prédit les rendements décennaux du S&P 500 avec une précision remarquable : un CAPE élevé (au-dessus du 80e percentile historique) a systématiquement été suivi de rendements sous-performants sur 10 ans et vice-versa. La relation n'est pas parfaite — des marchés très chers ont pu rester chers longtemps — mais elle est parmi les plus robustes en finance empirique.

Critiques et limites du CAPE : certains économistes (notamment Jeremy Siegel) objectent que les normes comptables ont changé depuis les années 1880 sur lesquelles Shiller calibre sa moyenne, rendant les bénéfices historiques non directement comparables aux bénéfices actuels GAAP. Le cockpit neutralise partiellement ce biais en utilisant le percentile du CAPE sur les 30 dernières années — une fenêtre plus homogène sur le plan comptable — plutôt que le niveau absolu.

ERP — la prime de risque relative actions vs obligations

L'ERP (Equity Risk Premium) compare ce que les actions "paient" (leur Earning Yield = 1/PE forward) à ce que les obligations d'État indexées paient sans risque de crédit ni d'inflation (TIPS 10Y). C'est une mesure de l'attractivité relative des actions :

ERP = Earning_Yield − TIPS_10Y = (1 / PE_forward) − Taux_réel

ERP > 4 % → actions attractives vs. obligations (prime généreuse). 2 % ≤ ERP ≤ 4 % → zone neutre. ERP < 1 % → prime insuffisante, actions chères vs. actifs sans risque réels.

La théorie de Gordon (1959) et les travaux d'Asness, Israelov & Liew (2011) ont démontré que l'ERP a un pouvoir prédictif sur les rendements relatifs actions/obligations à moyen terme (3–7 ans). En 2022–2023, la remontée brutale des taux réels a réduit l'ERP à des niveaux historiquement bas — avertissement qui s'est matérialisé par la sous-performance relative des actions de croissance à duration longue.

Dividend Yield — signal contrarian et indicateur de santé financière

Le rendement du dividende (Dividend Yield = Dividende annuel / Prix) est un signal à double lecture : un DY élevé signale soit une valorisation attractive (le cours a baissé sans que le dividende soit coupé), soit une détresse financière (le marché anticipe une réduction du dividende). Dans le cadre du pilier Valorisation, on l'utilise comme confirmateur des deux autres indicateurs, en percentile sur 5 ans pour neutraliser les changements de politique de distribution.

Accès aux données : FRED publie le Dividend Yield du S&P 500 via la série DSPUSRETYLDQ (trimestrielle). Pour les mois sans publication FRED, Anthropic Claude estime la valeur à partir des publications récentes de S&P Global et Bloomberg. Cette estimation est signalée dans l'interface par la mention "Estimé".

Crédit — Spreads OAS

Pourquoi les spreads de crédit comme indicateur de valorisation

Les spreads de crédit (différentiel de rendement entre obligations d'entreprise et obligations d'État de même durée) mesurent la prime que les marchés exigent pour prendre le risque de défaut des émetteurs privés. Un spread élevé signifie que les obligations de crédit sont bon marché par rapport aux obligations d'État — c'est un signal contrarian positif pour cette classe d'actifs.

Gilchrist & Zakrajsek (2012) ont montré que les spreads de crédit corporate constituent l'un des meilleurs indicateurs avancés de l'activité économique — ils anticipent les récessions avec 6 à 12 mois d'avance et contiennent une information distincte des spreads purement souverains. Collin-Dufresne, Goldstein & Martin (2001) ont analysé les déterminants des variations de spreads : les facteurs systémiques de marché (risk appetite global) expliquent plus de variation que les fondamentaux crédit spécifiques — justifiant leur utilisation comme indicateur du sentiment de risque.

Les trois séries OAS utilisées sont calculées quotidiennement par ICE BofA et distribuées via FRED :

IndicateurSérie FREDUniversFréquenceSignal d'opportunité (contrarian)
HY OAS — High Yield USBAMLH0A0HYM2Obligations US notées BB et en-dessousQuotidien> 70e percentile 5A → valeur attractive HY
IG OAS — Investment Grade USBAMLC0A0CMObligations US notées BBB− et au-dessusQuotidien> 70e percentile 5A → valeur attractive IG
EM Corp OAS — Marchés émergentsBAMLEMCBPIOASObligations corporate EM en USDQuotidien> 70e percentile 5A → valeur attractive EM dette

OAS vs Spread simple : l'OAS (Option-Adjusted Spread) est préféré au spread nominal car il corrige les options embarquées dans les obligations — notamment les clauses de remboursement anticipé (call) courantes dans le HY. Cela permet une comparaison propre entre émetteurs avec des structures d'options différentes.

Calcul du percentile : la fenêtre de 5 ans est un compromis entre avoir assez de données pour une distribution significative et ne pas inclure des périodes économiques trop éloignées (un spread au 90e percentile des 30 dernières années inclurait la crise financière de 2008 comme référence haute, ce qui biaiserait l'interprétation en contexte normal).

Taux Réels — TIPS 10Y

Le taux réel : taux d'actualisation de tous les actifs

Le taux réel sans risque est le fondement mathématique de la valorisation de tous les actifs financiers. Dans le modèle de Gordon (1959) et ses variantes, la valeur d'un actif = flux futurs actualisés au taux sans risque réel + prime de risque. Lorsque le taux réel augmente, la valeur présente de tous les flux futurs baisse — toutes choses égales par ailleurs. C'est pourquoi la remontée des taux réels US en 2022 (de −1 % à +2,5 % sur le TIPS 10Y) a déclenché une repricing généralisée de tous les actifs à duration longue.

Le TIPS 10Y (Treasury Inflation-Protected Securities, 10 ans) est le standard de marché pour le taux réel américain. Son rendement représente la rémunération réelle que les investisseurs obligataires exigent sur 10 ans, après couverture intégrale de l'inflation via l'indexation du principal sur le CPI. C'est disponible en temps réel via FRED (DFII10).

Niveau TIPS 10YInterprétationActifs favorisésActifs pénalisés
Négatif (< 0 %)Politique ultra-accommodante. Contexte post-crise ou déflation. Le cash "punit" les détenteurs en termes réels.Or (actif réel sans coupon, valorisé par le coût d'opportunité bas), TIPS, Actions de croissance à longue duration (Tesla, tech), Immobilier cotéCash, obligations souveraines courtes nominales
Faible (0–1 %)Environnement normal de post-crise ou de cycle mature sans surchauffe.Actions diversifiées, Actifs réels en généralPeu d'actifs pénalisés — environnement équilibré
Élevé (> 2 %)Resserrement significatif. Les actifs sans risque réels deviennent compétitifs avec des actifs risqués. Valorisations sous pression.Cash, obligations courtes nominales et TIPS courts, Secteurs défensifs à dividendes stablesOr (coût d'opportunité élevé), actions de croissance à longue duration, duration longue obligataire

Sources : FRED (BAMLH0A0HYM2, BAMLC0A0CM, BAMLEMCBPIOAS, DFII10, CPIAUCSL, DSPUSRETYLDQ) · ICE BofA Index Series · Yahoo Finance · Anthropic Claude (DY estimé quand FRED indisponible)

Pilier 3 Sentiment (Risk-On / Risk-Off)

Fondements théoriques

Le sentiment de marché — l'appétit collectif des investisseurs pour le risque — est une force indépendante des fondamentaux économiques qui peut amplifier ou contredire les signaux macro et de valorisation. Baker & Wurgler (2006, 2007) ont formalisé ce phénomène en finance comportementale : le sentiment investisseur prédit les rendements futurs des actifs difficiles à valoriser (growth, petites capitalisations, actions avec des flux très incertains). En période de sentiment élevé, ces actifs sont surévalués et sous-performent ensuite.

Shiller (2000) a popularisé l'idée d'"exubérance irrationnelle" — les marchés peuvent s'éloigner durablement des fondamentaux sous l'effet de narratifs et de comportements grégaires. Kindleberger & Aliber (2005) ont documenté des décennies de crises financières suivant le même schéma : euphorie, accélération des prix, retournement brutal, panique. Le pilier Sentiment du cockpit cherche à détecter ces états extrêmes d'euphorie (surachats) ou de panique (surventes) via des indicateurs de stress de marché mesurables.

Ce pilier est un filtre tactique court terme (horizon 1 à 4 semaines). Un environnement Risk-Off intense peut justifier de retarder une entrée en position même si le contexte macro est favorable — il serait imprudent d'ignorer un signal de panique systémique sous prétexte que les PMI sont bons.

Modèle à 3 familles — 9 indicateurs

Le pilier Sentiment Ridge Finance est un modèle purement data-driven, sans LLM dans le calcul. Il agrège 9 indicateurs de marché en 3 familles thématiques, chacune capturant une dimension distincte du stress systémique. Le score composite S ∈ [−1, +1] est entièrement calculé à partir de percentiles sur historique Yahoo Finance et FRED.

Architecture du score composite S :
S = 0,50 × s_Vol + 0,30 × s_Crédit + 0,20 × s_Croisés ∈ [−1, +1]

S > 0 = stress / Risk-Off · S < 0 = calme / Risk-On · S ≈ 0 = neutre. Chaque famille est elle-même une moyenne pondérée de ses indicateurs individuels, tous normalisés par percentile.

Principe de normalisation : le percentile historique

Chaque indicateur brut X est converti en percentile par rapport à son historique quotidien (1 à 5 ans selon la disponibilité Yahoo Finance / FRED). Le percentile indique où se situe la valeur actuelle dans la distribution historique : pct = 0 → niveau historiquement très bas ; pct = 1 → niveau historiquement très élevé.

Transformation en signal s_X ∈ [−1, +1] :
s_X = 2 × (pct_X − 0,5)

pct = 0 → s = −1 (Risk-On maximal) · pct = 0,5 → s = 0 (neutre) · pct = 1 → s = +1 (Risk-Off maximal). Pour les indicateurs où "plus haut = Risk-On" (Cu/Or, USD/JPY), le signe est inversé : s_X = −2 × (pct_X − 0,5).

FamillePoidsIndicateurTicker / SériePoids interneDirectionHistorique
Volatilité50 %VIX^VIX Yahoo50 %Haut = Risk-Off2 ans daily
VIX9D (court terme)^VIX9D Yahoo25 %Haut = Risk-Off1 an daily
MOVE Index (oblig.)^MOVE Yahoo25 %Haut = Risk-Off2 ans daily · fallback range [40,180]
Crédit & Liq.30 %HY OASFRED BAMLH0A0HYM250 %Haut = Risk-Off5 ans mensuel
IG OASFRED BAMLC0A0CM25 %Haut = Risk-Off5 ans mensuel
NFCI Chicago FedFRED NFCI25 %Positif = Risk-OffValeur brute / 0,5 (clampé)
Croisés20 %Ratio Cu/Or ×10³HG=F / GC=F Yahoo33 %Haut = Risk-On (inversé)Range calibré [0,9; 2,7]
Ratio Or/ArgentGC=F / SI=F Yahoo33 %Haut = Risk-OffRange calibré [50; 125]
USD/JPYUSDJPY=X Yahoo33 %Haut = Risk-On (inversé)5 ans daily · fallback range [100,160]

Famille 1 · Volatilité — VIX, VIX9D, MOVE

VIX — l'indice de la peur (poids 50 % dans la famille)

Le VIX mesure la volatilité implicite à 30 jours du S&P 500 dérivée des prix d'options. Un VIX de 20 implique des mouvements journaliers attendus de ~1,26 % (20/√252). Le cockpit utilise le percentile sur 2 ans d'historique quotidien — plus robuste que le percentile 1 an mensuel utilisé dans les versions antérieures, car il intègre environ 504 points de données vs 24. Whaley (2009) a documenté le caractère contrarian du VIX : les niveaux extrêmes (≥ 90e percentile) précèdent souvent des rebonds.

VIX9D — signal de panique immédiate (poids 25 %)

Le VIX9D mesure la volatilité implicite à 9 jours. En conditions normales (contango), VIX9D < VIX car la prime de terme rémunère l'incertitude à plus long horizon. Lorsque VIX9D > VIX (backwardation), les marchés valorisent davantage le risque dans les 9 prochains jours que dans les 30 — signal de panique aiguë à très court terme. Le percentile du niveau absolu de VIX9D (non le ratio) est utilisé pour rester cohérent avec la méthode de la famille.

MOVE Index — volatilité obligataire (poids 25 %)

Le MOVE (Merrill Lynch Option Volatility Estimate) est l'équivalent du VIX pour les marchés de taux US — il mesure la volatilité implicite des options sur bons du Trésor à différentes maturités. Un MOVE élevé signale des attentes de mouvements brutaux des taux directeurs ou d'inflation, souvent corrélés à des épisodes de stress sur les marchés obligataires mondiaux. Historique 2 ans quotidien via Yahoo (^MOVE) ; fallback : plage calibrée [40, 180 bps].

Famille 2 · Crédit & Liquidité — HY OAS, IG OAS, NFCI

HY OAS — thermomètre du crédit spéculatif (poids 50 %)

Le HY OAS (Option-Adjusted Spread High Yield) mesure la prime de risque que les marchés exigent des obligations d'entreprise notées BB et en-dessous par rapport aux taux sans risque, corrigée des options embarquées. Un spread en hausse signale une aversion au risque de crédit croissante — et anticipe souvent les corrections des actifs risqués. Gilchrist & Zakrajsek (2012) ont montré que les spreads de crédit corporate sont parmi les meilleurs indicateurs avancés des récessions économiques (6–12 mois d'avance). Percentile calculé sur 5 ans mensuels FRED BAMLH0A0HYM2.

IG OAS — signal de qualité (poids 25 %)

Le IG OAS (Investment Grade OAS, notés BBB− et au-dessus) mesure la prime de risque de crédit sur les émetteurs bien notés. Moins volatile que le HY OAS, il constitue un signal de stress plus institutionnel — sa hausse reflète une réévaluation générale du risque de contrepartie, y compris sur des émetteurs de qualité. Percentile 5 ans FRED BAMLC0A0CM.

NFCI — vue systémique sur les conditions financières (poids 25 %)

Le NFCI (National Financial Conditions Index, Fed de Chicago) agrège 105 indicateurs financiers : marchés monétaires, marchés de crédit, marchés actions, et système bancaire parallèle. NFCI = 0 est la neutralité historique (30 ans). NFCI > 0 = conditions restrictives ; < 0 = accommodantes. Sa valeur ajoutée : il capte des tensions dans les marchés de financement (repo, commercial paper, LIBOR spreads) qui ne se reflètent pas encore dans le VIX. Série hebdomadaire FRED NFCI — signal calculé comme NFCI / 0,5, clampé à [−1, +1].

Famille 3 · Signaux croisés — Cu/Or, Or/Ag, USD/JPY

La famille des signaux croisés capture l'appétit pour le risque tel qu'il se manifeste sur les marchés de matières premières et de change — indépendamment des marchés financiers actions ou obligataires. Ces signaux sont "réels" au sens où ils reflètent des flux d'allocation cross-asset concrets.

Ratio Cuivre/Or ×10³ (poids 33 %)

Le cuivre est le métal de l'industrie mondiale ; l'or est la valeur refuge par excellence. Leur ratio mesure l'arbitrage entre croissance attendue et sécurité. Ratio en hausse → Risk-On (demande industrielle forte, optimisme) ; ratio en baisse → Risk-Off (fuite vers la sécurité). Signal inversé : pct élevé du ratio → s_CuAu = −1 (Risk-On). Plage calibrée [0,9 ; 2,7] ×10³ sur données historiques 2015–2025.

Ratio Or/Argent (poids 33 %)

L'argent combine demande industrielle (électronique, solaire) et demande de valeur refuge. Lorsque l'or surperforme fortement l'argent (ratio Or/Ag > 85), cela signale une préférence marquée pour la sécurité pure sur la composante industrielle de l'argent — signal Risk-Off. À l'inverse, un ratio bas (< 70) indique que les marchés favorisent l'argent (composante industrielle/cyclique) — Risk-On. Plage calibrée [50 ; 125] sur données 2010–2025.

USD/JPY — carry trade et aversion au risque (poids 33 %)

Le yen japonais est la devise de financement traditionnelle du carry trade mondial : les investisseurs empruntent en JPY (taux bas) pour investir dans des actifs à rendement plus élevé. USD/JPY élevé → carry trade actif → Risk-On. USD/JPY en baisse brutale → dénouement du carry trade → Risk-Off systémique (les investisseurs rachètent leurs dettes en JPY, vendant leurs actifs risqués). Signal inversé. Percentile 5 ans daily Yahoo USDJPY=X ; fallback plage [100, 160].

Zonation & interprétation · News & Retail

Zones qualitatives du score composite S

Le score S est traduit en zone qualitative via une fonction conditionnelle déterministe — aucun LLM n'intervient dans ce calcul. Les textes d'interprétation sont statiques et déclenchés par le niveau de S :

Score SZoneLecture tactique
S ≤ −0,6Euphorie / Risk-On fortSignal contrarien de prudence. Réduire progressivement le risque et prendre des profits.
−0,6 < S ≤ −0,2Risk-On modéréConditions favorables aux actifs risqués. Surpondération actions et crédit justifiée.
|S| < 0,2NeutrePas de signal directionnel fort. Maintenir les pondérations cibles sans biais marqué.
0,2 ≤ S < 0,6Risk-Off modéréRéduire les actifs cycliques. Renforcer défensifs, or, obligations courtes et liquidité.
S ≥ 0,6Stress / PaniqueSignal contrarien d'opportunité. Envisager des renforcements graduels sur la faiblesse.

News & Retail — overlay contextuel séparé

Le cockpit présente un bloc "News & Retail" explicitement distinct du score composite de stress — il n'entre pas dans le calcul de S. Ce bloc comprend :

La raison de cette séparation : ces signaux textuels sont partiellement corrélés au VIX (les deux réagissent aux mêmes événements), ce qui introduirait un double comptage dans le score composite. Ils apportent en revanche une lecture contextuelle utile — identification de narratifs émergents, transitions de sentiment retail, tensions géopolitiques.

Badge de cohérence — News & Retail vs Score S

Un badge de cohérence qualifie la relation entre le score de stress S et le sentiment News/Retail. Il est purement indicatif et n'affecte pas S.

Score News & Retail converti en convention stress :
nrScore = moyenne(−Sent_ST, −Sent_News) [positif = pessimiste = Risk-Off]

Les scores retail et news sont inversés car ils suivent la convention "positif = bullish = Risk-On", à l'opposé de S où "positif = stress = Risk-Off". Après conversion, les deux signaux sont dans la même convention pour comparaison.

ConditionBadgeInterprétation
|S| ≥ 0,4 ET |nrScore| ≥ 0,3 ET même signeConfirme le stress / le calmeNews & Retail confirment la direction du stress composite — signal renforcé
|S| ≥ 0,4 ET |nrScore| ≥ 0,3 ET signe opposéAtténue le signalNews & Retail contredisent le stress composite — signal atténué, prudence analytique
Sinon (|S| < 0,4 ou |nrScore| < 0,3)NeutrePas assez d'intensité dans les deux signaux pour conclure

Disponibilité des données : IG OAS et NFCI

Lorsque les séries FRED pour IG OAS (BAMLC0A0CM) ou NFCI (NFCI) ne sont pas disponibles (API down, clé absente, séries non retournées), le cockpit affiche explicitement "Donnée non disponible" pour ces sous-indicateurs dans la carte "Crédit & Liquidité". Aucune valeur par défaut n'est inventée et aucune barre vide n'est affichée.

Côté calcul : la fonction wAvg() du moteur de score ignore automatiquement les indicateurs null — si IG OAS est absent, le score de famille s_Credit est recalculé sur HY OAS (50%) et NFCI (25%) uniquement, avec renormalisation des poids. Le score composite S reste calculable même si un ou plusieurs indicateurs de la famille Crédit sont indisponibles.

Sources : Yahoo Finance (^VIX, ^VIX9D, ^MOVE, HG=F, GC=F, SI=F, USDJPY=X) · CBOE · FRED (BAMLH0A0HYM2, BAMLC0A0CM, NFCI) · Federal Reserve Bank of Chicago · Finnhub · StockTwits · Anthropic Claude (NLP contextuel optionnel)

Pilier 4 Momentum

Fondements théoriques — l'anomalie la plus robuste de la finance

Le momentum — la persistance des rendements passés à horizon intermédiaire — est l'un des phénomènes les mieux documentés et les plus robustement répliqués en finance empirique. Jegadeesh & Titman (1993), dans leur article fondateur publié dans le Journal of Finance, ont montré que les actions ayant surperformé sur les 3 à 12 mois précédents continuent de surperformer sur les 3 à 12 mois suivants, et vice-versa. Cette découverte a provoqué un débat académique majeur sur l'efficience des marchés.

Asness, Moskowitz & Pedersen (2013) ont étendu ce résultat à toutes les classes d'actifs (actions, obligations, devises, commodities) et à travers toutes les géographies sur plus d'un siècle de données — confirmant que le momentum n'est pas une anomalie statistique locale mais un phénomène robuste et universel. Fama & French (2012) ont eux-mêmes reconnu le momentum comme l'un des facteurs les plus difficiles à expliquer par les modèles d'équilibre standard.

Pourquoi le momentum existe-t-il ?

Plusieurs explications ont été proposées :

Ce pilier est purement basé sur les prix : il est délibérément indépendant des fondamentaux macro ou de valorisation. Sa complémentarité avec les autres piliers est sa raison d'être dans le cockpit.

Score brut · Skip-1m · Pondération 60/40

Score brut cross-sectionnel :
Score_brut = 0,60 × z-score_CS(R_12m_skip1m) + 0,40 × z-score_CS(R_6m_skip1m)

R_12m_skip1m = rendement de T−13 à T−1 mois (12 mois en excluant le dernier). R_6m_skip1m = rendement de T−7 à T−1 mois. Le z-score est cross-sectionnel (CS) — normalisé par rapport à la distribution de TOUS les actifs de l'univers à l'instant t. La pondération 60/40 donne plus de poids au 12m-1m, plus robuste et moins sujet au retournement court terme, tout en conservant la confirmation à 6 mois.

Pourquoi 60/40 plutôt que 50/50 ? Le rendement 12m-1m capture une tendance établie sur un horizon intermédiaire, filtré de la microstructure du dernier mois. Le rendement 6m apporte une confirmation plus récente mais plus bruitée. La pondération 60/40 (12m-1m dominant) améliore empiriquement le ratio signal/bruit du classement final, en ligne avec Asness, Moskowitz & Pedersen (2013) qui observent que les horizons 12 mois dominent dans la plupart des classes d'actifs.

Pourquoi le z-score cross-sectionnel ?

Un rendement de +15 % sur 6 mois est excellent pour une obligation souveraine, ordinaire pour une action émergente, et modeste pour le bitcoin. Le z-score cross-sectionnel normalise ces différences d'échelle en positionnant chaque actif dans la distribution de son univers au même moment. Cela permet de classer équitablement des classes d'actifs très hétérogènes — des obligations courtes aux cryptomonnaies — sur une échelle commune de momentum relatif.

Skip-1m — pourquoi exclure le dernier mois

Le skip-1m (ou "skip-the-last-month") est une convention standard dans la littérature académique sur le momentum, introduite précisément par Jegadeesh & Titman (1993). Le dernier mois calendaire est exclu du calcul du rendement. La raison : les actifs ayant fortement monté sur le dernier mois ont une probabilité statistiquement significative de corriger le mois suivant — un phénomène documenté et lié à la microstructure des marchés (bid-ask bounce, rééquilibrages de portefeuilles mensuels des institutionnels, retournement des positions spéculatives de fin de mois).

En incluant le dernier mois, le signal de momentum se dégrade significativement. La convention skip-1m améliore le ratio information/bruit du signal.

Ajustement à la volatilité

Pourquoi ajuster le momentum à la volatilité ?

Un signal de momentum fort sur un actif peu volatil (par exemple une obligation d'État courte) est plus informatif qu'un signal identique sur un actif très volatile (bitcoin). La raison : la volatilité d'un actif détermine le niveau de bruit statistique autour de son signal — un actif volatile de 60 % annualisé peut facilement produire un rendement de 30 % en 6 mois simplement par chance, sans que cela soit un signal de tendance robuste. Un actif stable de 5 % annualisé produisant 10 % en 6 mois révèle une tendance bien plus fiable.

Barroso & Santa-Clara (2015) ont démontré que le momentum ajusté à la volatilité ("volatility-managed momentum") génère des rendements ajustés au risque significativement supérieurs au momentum brut, notamment en réduisant l'exposition lors des périodes de haute volatilité qui précèdent souvent les "momentum crashes" documentés par Daniel & Moskowitz (2016).

Score ajusté à la volatilité :
Score_ajusté = Score_brut × min(1,8 ; σ_cible / Vol_annualisée_12m)
σ_cible = 15 % — Facteur plafonné à ×1,8

La volatilité annualisée 12m est calculée comme l'écart-type des rendements logarithmiques quotidiens × √252. La cible de 15 % correspond approximativement à la volatilité historique longue terme des actions US (S&P 500). Le plafond à ×1,8 évite que les actifs très peu volatils ne dominent excessivement le classement.

Classe d'actif typiqueVolatilité 12m estiméeFacteur d'ajustementInterprétation
Obligations courtes IG4–8 %×1,8 (plafonné)Signal amplifié — haute conviction relative sur actif stable
Govies 10 ans8–12 %×1,25 à ×1,8Signal légèrement amplifié
Actions US (S&P 500)12–20 %×0,75 à ×1,25Signal neutre — actif à la cible
Actions EM / Small caps20–35 %×0,43 à ×0,75Signal atténué — bruit plus élevé
Commodities / Bitcoin40–100 %×0,15 à ×0,375Signal fortement atténué — niveau de bruit très élevé

Classement (quartiles) · Cohérence · Signal cross-actifs

Les actifs sont triés par score ajusté décroissant et répartis en quartiles — règle plus restrictive que les tertiles initialement utilisés, adoptée pour éviter d'inflater artificiellement les signaux OW/UW quand les écarts de scores sont faibles :

Rang dans l'universSignalInterprétation
Top 25 %Surpondérer (OW)Tendance positive robuste · leadership momentum clair
Milieu 50 %NeutrePas de signal directionnel clair · maintenir pondération neutre
Bottom 25 %Sous-pondérer (UW)Tendance négative relative · momentum défavorable

Passage des tertiles aux quartiles : avec des tertiles (33/33/33), environ un tiers des actifs reçoit un signal OW et un tiers un signal UW, ce qui génère un excès de conviction lorsque les scores sont proches. Les quartiles (25/50/25) réservent les signaux forts aux actifs dont le momentum se distingue réellement du lot.

Cohérence multi-horizons (0–4)

La cohérence mesure le nombre d'horizons (parmi 1m, 3m, 6m, 12m) affichant un rendement positif pour un actif. Un score de 4/4 indique une convergence de tendance positive sur tous les horizons temporels — signal de momentum robuste et persistent. Un score de 1/4 ou 2/4 indique un momentum fragmenté ou contradictoire — le signal est moins fiable et peut correspondre à un retournement en cours.

Cette mesure de cohérence est complémentaire au score composite : un actif peut avoir un score élevé sur 6 et 12 mois (dominant le classement) tout en affichant des rendements négatifs sur 1 et 3 mois — signalant potentiellement un retournement récent. La cohérence 2/4 dans ce cas tempère l'enthousiasme du score brut.

Signal cross-actifs — Risk-On/Risk-Off momentum

Le signal cross-actifs mesure la différence entre le score moyen de momentum des Actions et celui des Obligations dans l'univers. Un écart de ±0,10 est le seuil de détection :

Données et accès

Tous les calculs momentum sont effectués sur les prix de clôture quotidiens ajustés des dividendes, téléchargés depuis Yahoo Finance. L'ajustement des dividendes est essentiel pour les actions et les ETF d'obligations qui distribuent régulièrement — sans cet ajustement, chaque détachement de dividende crée un saut artificiel à la baisse dans la série de prix, biaisisant le calcul de momentum.

Source : Yahoo Finance (prix quotidiens ajustés des dividendes) · Calculs Ridge Finance

Moteur de rupture momentum

Le moteur de rupture est une couche d'alerte secondaire superposée au score de momentum principal. Il ne remplace pas le classement — il module la conviction du signal en détectant les signes précoces de fragilisation ou de cassure d'une tendance. Son rôle est analogue à celui d'un indicateur de qualité de signal : un actif peut avoir un bon score de momentum tout en montrant des signes d'essoufflement que le score principal ne capture pas encore.

Les 4 signaux binaires (break_score = 0 à 4)

SignalCondition de déclenchementSourceInterprétation
Break 1mPerformance 1m < 0Yahoo (r1 MTD)Dégradation immédiate du très court terme
Break 3mPerformance 3m < 0Yahoo (r3)Dynamique récente retournée
Break drawdowndd_63j < seuil classe d'actifYahoo (prix daily 1Y)Cassure rapide après un sommet récent
Break tendancePrix actuel < MA200Yahoo (prix daily 1Y)Cassure de la structure de tendance longue
Break Score :
break_score = break_1m + break_3m + break_drawdown + break_trend ∈ {0, 1, 2, 3, 4}

Chaque signal est binaire (0 ou 1). Le break score est donc un entier entre 0 (aucune rupture détectée) et 4 (toutes les conditions de rupture actives).

Drawdown 63 jours et MA200 — calculs

Drawdown depuis le sommet 63 jours :
dd_63j = prix_actuel / max(prix_quotidiens_63j) − 1
Moyenne mobile 200 jours :
MA200 = moyenne(prix_quotidiens_200j)

Les deux calculs utilisent les prix de clôture quotidiens ajustés des dividendes (Yahoo Finance, historique 1 an). Si l'historique est inférieur à 200 jours, break_trend = null (non calculable — pas de signal forcé).

Seuils de drawdown par classe d'actif

Classe d'actifSeuil drawdown 63jJustification
Obligations défensives (Govies, TIPS)−4 %Volatilité naturellement faible — un drawdown de 4 % est déjà significatif
Actions · HY · Or · Commodities · Autres−7 %Seuil intermédiaire adapté à la volatilité des actifs risqués
Crypto−12 %Volatilité intrinsèque très élevée — un drawdown de 12 % est dans la norme

Impact du break score sur le signal final

Le moteur de rupture module la conviction du signal de momentum principal sans remplacer le classement quantitatif. La logique d'ajustement est la suivante :

Break ScoreLabelAjustement signal
0Hausse confirméeAucun ajustement — signal principal conservé tel quel
1VigilanceAucun ajustement — signal inchangé, indicateur de surveillance
2EssoufflementSignal conservé, colonne "Rupture" affiche un avertissement
3Rupture probableOW → Neutre (on ne peut pas maintenir une conviction OW avec 3 signaux de rupture actifs)
4Tendance casséeSignal forcé à Neutre quel que soit le score de momentum

Principe de conception : les signaux 0 et 1 n'altèrent pas le classement — ils informent sans agir. Les signaux 3 et 4 plafonnnent ou neutralisent le signal OW car il serait analytiquement incohérent de recommander "Surpondérer" un actif dont la tendance présente simultanément des brisures sur 4 dimensions. UW n'est jamais neutralisé par le break engine : si le momentum est négatif et se dégrade, le signal UW reste pertinent.

Source : Yahoo Finance (prix quotidiens ajustés des dividendes, historique 1 an) · Calculs Ridge Finance

Glossaire

TermeDéfinition complète
CAPECyclically Adjusted Price-to-Earnings ("ratio Shiller"). Ratio cours/bénéfices du S&P 500 calculé sur une moyenne de 10 ans de bénéfices réels. Développé par Robert Shiller (Nobel 2013) et John Campbell. Neutralise les fluctuations cycliques des bénéfices — un PE simple en fin de cycle est mécaniquement bas (bénéfices peak) même si les actions sont chères. Seuil historique : CAPE > 30 = zone de cherté structurelle.
ERPEquity Risk Premium (Prime de risque des actions). Mesure la rémunération supplémentaire des actions par rapport aux actifs sans risque réels. Calcul : Earning Yield (1/PE forward) − TIPS 10Y. ERP > 4 % = actions attractives vs. obligations. ERP < 1 % = prime insuffisante. Indicateur de valorisation relative, pas absolue.
OASOption-Adjusted Spread. Différentiel de rendement entre une obligation de crédit et une obligation d'État de même durée, après correction mathématique des options embarquées (clauses de remboursement anticipé, etc.). Mesure pure du risque de crédit. Calculé par ICE BofA et distribué via FRED. Un OAS élevé signifie que les marchés exigent une prime de risque élevée pour le crédit — signal contrarian d'opportunité d'achat potentielle.
TIPSTreasury Inflation-Protected Securities. Obligations d'État américaines dont le principal est ajusté à l'inflation (CPI) sur toute leur durée. Le rendement réel du TIPS 10Y (série FRED DFII10) est le taux sans risque réel de référence. Lorsque ce rendement est négatif, les investisseurs "paient" en termes réels pour détenir un actif sûr — situation extraordinaire qui favorise les actifs réels (or, TIPS, immobilier).
VIXCBOE Volatility Index. Volatilité implicite à 30 jours du S&P 500, dérivée de la surface complète de prix d'options sur l'indice. Exprimé en taux annualisé. Un VIX de 20 implique des mouvements journaliers attendus de ~1,26 % (20/√252). Surnommé "indice de la peur" — monte lors des épisodes de stress, baisse en période de complacency. Source : CBOE, accessible via Yahoo Finance (^VIX).
VIX9DVIX à horizon 9 jours (vs 30 jours pour le VIX standard). Mesure la volatilité implicite sur la semaine et demie à venir. Normalement inférieur au VIX (structure de terme en contango). Lorsque VIX9D > VIX (backwardation), les marchés craignent davantage le risque immédiat que le risque à 30 jours — signal de panique court terme intense.
NFCINational Financial Conditions Index (Federal Reserve Bank of Chicago). Composite hebdomadaire de 105 indicateurs financiers couvrant les marchés monétaires, les marchés de crédit, les marchés actions et le système bancaire parallèle (shadow banking). NFCI = 0 : conditions financières neutres (moyenne historique). NFCI > 0 : conditions restrictives. NFCI < 0 : conditions accommodantes. Série FRED : NFCI. Publication : chaque vendredi, données au mercredi précédent.
PMIPurchasing Managers' Index. Enquête mensuelle auprès des directeurs des achats dans les secteurs manufacturier et des services. Mesure les nouvelles commandes, la production, l'emploi, les délais de livraison et les stocks. > 50 = expansion de l'activité, < 50 = contraction. Indicateur avancé classique — disponible dans les premiers jours du mois suivant, bien avant le PIB officiel. Source principale : ISM (US), S&P Global / Markit (international), Caixin (Chine privé), Jibun Bank (Japon).
CPIConsumer Price Index (Indice des Prix à la Consommation). Mesure l'évolution du niveau général des prix pour un panier de biens et services représentatif de la consommation des ménages urbains américains. Publié par le Bureau of Labor Statistics (BLS) le 2e ou 3e mercredi du mois suivant la période de référence. Série FRED : CPIAUCSL (All Urban Consumers, Seasonally Adjusted). Le CPI YoY est la référence mondiale pour mesurer l'inflation.
Fed Funds RateTaux des fonds fédéraux. Taux d'intérêt directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed) auquel les banques se prêtent leurs réserves entre elles au jour le jour. Décidé par le FOMC (Federal Open Market Committee), qui se réunit 8 fois par an. Le Fed Funds Rate effectif (Effective Federal Funds Rate, série FRED : DFF) est la moyenne des transactions réelles journalières — légèrement différent du taux cible officiel.
Taux réel / r*Le taux réel est le taux d'intérêt nominal moins l'inflation (règle de Fisher). Le "taux réel neutre" ou r* est le niveau théorique du taux réel compatible avec une croissance à son potentiel et une inflation à la cible — ni expansionniste ni restrictif. Estimé empiriquement à environ 0,5 % pour l'économie américaine (Laubach & Williams, 2003). Un taux réel observé au-dessus de r* indique une politique restrictive.
Skip-1mConvention de calcul du momentum consistant à exclure le mois le plus récent dans le calcul des rendements 6m et 12m. Fondement : Jegadeesh & Titman (1993) ont documenté un retournement statistiquement significatif sur le mois le plus récent — lié à la microstructure des marchés (bid-ask bounce), aux rééquilibrages de fin de mois des institutionnels et aux retournements des positions spéculatives. L'exclusion du dernier mois améliore nettement le ratio information/bruit du signal momentum.
Z-score(x − μ) / σ. Normalise une valeur observée par rapport à sa moyenne (μ) et son écart-type (σ) historiques. Exprime le résultat en unités d'écart-type. Permet de comparer et d'agréger des indicateurs sur des échelles très différentes (PMI en points, CPI en %, taux en %, OAS en bps). Un z-score de +2 signifie que la valeur est à 2 écarts-types au-dessus de sa norme — situation statistiquement rare (~2,3 % du temps dans une distribution normale).
OW / UWOverweight (Surpondérer) / Underweight (Sous-pondérer). Convention de l'industrie pour exprimer une conviction relative par rapport à un portefeuille de référence neutre (benchmark ou allocation stratégique). OW ne signifie pas "acheter absolument" — cela signifie que le signal justifie d'avoir plus que le poids neutre de cet actif dans le portefeuille, compte tenu du régime de marché actuel.
HY / IGHigh Yield (haut rendement) : obligations d'entreprise notées BB+ et en-dessous par S&P (ou Ba1 et en-dessous par Moody's). Risque de défaut plus élevé, rendement plus élevé. Investment Grade (qualité investissement) : notées BBB− et au-dessus. Risque de défaut faible, rendement proche des souverains. La frontière BB/BBB est la ligne de démarcation la plus importante en crédit obligataire — de nombreux investisseurs institutionnels ont des mandats les limitant aux obligations IG.
BackwardationStructure de terme inversée où les prix à court terme dépassent les prix à terme (ou les volatilités implicites courtes dépassent les longues). Pour le VIX : VIX9D > VIX signifie que les options à 9 jours sont plus chères (en termes de volatilité implicite) que les options à 30 jours — signal de panique immédiate intense. En conditions normales de marché (contango), le contraire est vrai.
Cross-sectionnel vs. Time-seriesZ-score cross-sectionnel : normalisation par rapport à la distribution de TOUS les actifs de l'univers au même instant. Capte le rang relatif d'un actif dans l'univers à une date donnée. Z-score time-series : normalisation par rapport à l'historique d'un seul actif dans le temps. Ces deux types de normalisation sont utilisés dans différents contextes du cockpit selon l'objectif : classement relatif (cross-sectionnel) ou détection d'anomalie historique (time-series).
PercentileRang de la valeur actuelle dans sa distribution historique, exprimé en pourcentage. 80e percentile = la valeur actuelle est plus haute que 80 % des observations passées sur la fenêtre considérée. Fenêtres utilisées : 1 an (252 jours) pour le VIX (contexte récent), 5 ans pour les spreads de crédit et le Dividend Yield (horizon de cycle), 30 ans pour le CAPE (valorisation séculaire).
Mean-reversionRetour à la moyenne : tendance des indicateurs financiers ou économiques à revenir vers leur valeur d'équilibre après s'en être éloignés. Fondement théorique de l'approche contrarian en valorisation. Le CAPE, les spreads de crédit et le ratio Cu/Or présentent tous une mean-reversion documentée, ce qui justifie leur utilisation comme signaux de valorisation relative.
FREDFederal Reserve Economic Data. Base de données économiques et financières maintenue par la Federal Reserve Bank of St. Louis. Accès gratuit via fred.stlouisfed.org et API (FRED API). Contient plus de 800 000 séries de données économiques et financières américaines et internationales. Source principale du cockpit pour les données macro (CPI, PMI, Fed Funds) et les données de crédit (spreads OAS ICE BofA).

Limites & avertissement légal

Limites structurelles du modèle

Conviction faible (< 30 %) : lorsque la conviction du régime Macro est inférieure à 30 %, les trois axes (G, I, P) sont proches de leur frontière de basculement. Une seule publication économique peut changer le cadran. Dans ce cas, réduire le poids accordé au signal macro et augmenter celui des piliers Sentiment (court terme) et Momentum (technique). Ne pas forcer une conviction artificielle.
Signaux contradictoires entre piliers : lorsque le macro est favorable mais la valorisation est extrême, ou que le momentum est négatif malgré un contexte macro bon, la réponse appropriée est la prudence — pas le choix arbitraire d'un pilier sur l'autre. La tension entre piliers est elle-même une information : elle signale une configuration de marché complexe où la taille de position doit être réduite.

Références & sources de données

Articles académiques fondateurs

AuteursAnnéeTitreJournalPertinence
Jegadeesh, N. & Titman, S.1993Returns to Buying Winners and Selling Losers: Implications for Stock Market EfficiencyJournal of Finance, 48(1), 65–91Pilier 4 — fondement académique du momentum
Campbell, J.Y. & Shiller, R.J.1988Stock Prices, Earnings, and Expected DividendsJournal of Finance, 43(3), 661–676Pilier 2 — pouvoir prédictif du ratio P/E ajusté du cycle
Fama, E.F. & French, K.R.1989Business Conditions and Expected Returns on Stocks and BondsJournal of Financial Economics, 25, 23–49Architecture — rendements attendus variables selon le cycle
Hamilton, J.D.1989A New Approach to the Economic Analysis of Nonstationary Time Series and the Business CycleEconometrica, 57(2), 357–384Pilier 1 — formalisation des régimes économiques
Asness, C., Moskowitz, T. & Pedersen, L.2013Value and Momentum EverywhereJournal of Finance, 68(3), 929–985Pilier 4 — momentum universel toutes classes d'actifs
Baker, M. & Wurgler, J.2006Investor Sentiment and the Cross-Section of Stock ReturnsJournal of Finance, 61(4), 1645–1680Pilier 3 — sentiment investisseur comme facteur de rendement
Barroso, P. & Santa-Clara, P.2015Momentum Has Its MomentsJournal of Financial Economics, 116(1), 111–120Pilier 4 — momentum ajusté à la volatilité
Daniel, K. & Moskowitz, T.2016Momentum CrashesJournal of Financial Economics, 122(2), 221–247Pilier 4 — risques de retournement du momentum
Gilchrist, S. & Zakrajsek, E.2012Credit Spreads and Business Cycle FluctuationsAmerican Economic Review, 102(4), 1692–1720Pilier 2 — spreads crédit comme indicateurs avancés
Ang, A. & Bekaert, G.2002International Asset Allocation with Regime ShiftsReview of Financial Studies, 15(4), 1137–1187Architecture — rendements conditionnels aux régimes
Fama, E.F. & French, K.R.1988Dividend Yields and Expected Stock ReturnsJournal of Financial Economics, 22, 3–25Pilier 2 — pouvoir prédictif du Dividend Yield
Whaley, R.E.2009Understanding the VIXJournal of Portfolio Management, 35(3), 98–105Pilier 3 — interprétation et limites du VIX
Jegadeesh, N. & Titman, S.2001Profitability of Momentum Strategies: An Evaluation of Alternative ExplanationsJournal of Finance, 56(2), 699–720Pilier 4 — robustesse out-of-sample du momentum
Burns, A.F. & Mitchell, W.C.1946Measuring Business CyclesNBERPilier 1 — fondation théorique de l'analyse cyclique

Ouvrages de référence

Auteur(s)TitreÉditeurPertinence
Ilmanen, A.Expected Returns: An Investor's Guide to Harvesting Market Rewards (2011)Wiley FinanceSynthèse complète des primes de risque et de leur prévisibilité — référence principale de l'architecture multi-piliers
Shiller, R.J.Irrational Exuberance (2000, 3e éd. 2015)Princeton University PressPilier 2 — CAPE et comportements de marché irrationnels
Graham, B. & Dodd, D.Security Analysis (1934, 6e éd. 2008)McGraw-HillPilier 2 — fondements de l'analyse de valorisation fondamentale
Ang, A.Asset Management: A Systematic Approach to Factor Investing (2014)Oxford University PressArchitecture — allocation factorielle systématique multi-horizons
Kindleberger, C. & Aliber, R.Manias, Panics, and Crashes (7e éd. 2015)Palgrave MacmillanPilier 3 — dynamique des crises financières et comportements de panique

Sources de données — détail d'accès

SourceURL / AccèsDonnées utiliséesFréquenceDélai
FRED (Federal Reserve St. Louis)fred.stlouisfed.org · API gratuiteCPIAUCSL, DFF, DFII10, BAMLH0A0HYM2, BAMLC0A0CM, BAMLEMCBPIOAS, NFCI, DSPUSRETYLDQQuotidien à mensuel selon sérieImmédiat après publication officielle
Yahoo Financefinance.yahoo.com · yfinance (Python)SPY, TLT (corrélation), ^VIX, ^VIX9D, HG=F, GC=F (Cu/Or), ETF momentumQuotidien (cours de clôture)T+0 à T+1 selon le marché
ISMismworld.orgPMI Manufacturier US, PMI Services USMensuel (1er jour ouvré)Immédiat à la publication
S&P Global / Markitspglobal.com/marketintelligencePMI Zone Euro, PMI Global compositeMensuel (~J+3)~J+3 du mois suivant
Caixincaixin.com/financePMI Manufacturier Chine (secteur privé)Mensuel (~J+1)~J+1 du mois suivant
Jibun Bank / S&P Globalau.jibunbank.co.jpPMI Manufacturier JaponMensuel (~J+3)~J+3 du mois suivant
Anthropic ClaudeAPI Anthropic (claude-3-5-sonnet)Lecture des publications PMI, CPI Δ, DY estimé, sentiment actualités (NLP Finnhub + StockTwits)À chaque actualisationQuelques heures après publication officielle
CBOEcboe.com · Historical dataDocumentation VIX, VIX9DDocumentation de référence
ICE BofAVia FRED (séries BAML*)Indices OAS HY, IG, EM CorporateQuotidienJ+1 via FRED
Ridge Finance — Cockpit Tactique Multi-Actifs v3.0 · Mai 2026 · Document confidentiel
© Aurélien Michaud — 2026